Billet : Intelligence Artificielle Stop ou encore plus ? par Sylvain CHEMTOB
Cette rentrée scolaire 2026 est marquée par de vifs débats en Europe et aux Etats-Unis sur l’Intelligence Artificielle. Certains évoquent les risques de perte de contrôle, d’autres se concentrent sur les impacts pour nos vies, nos savoirs, nos société ou bien encore sur les conséquences écologiques et économiques. Les critiques montent de toute part dénoncées aussi tôt par Donald Trump en tant que « forces négatives » (1)
C’est un ancien développeur d’Anthropic ; Jacob Coxon qui a lancé le bal des prises de position le 9 septembre 2026 par un simple tweet évoquant la probable fin de la vie humaine sur terre et le fait que les géants de l’IA « jouent avec nos vies. Les gens qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici à la fin de la décennie. Ce n’est pas un coup marketing » (2). « Les gens qui construisent l’IA croient qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici à la fin de la décennie » a relancé par Dario Amodei cofondateur et PDG d’Anthropic, la société à l’origine de Claude confirmant cette impression de fin du monde et créant l’effroi du grand public plongé dans un monde hors de contrôle.
Le contrôle de ces technologies est mise à mal par des technologies conçues pour répondre à tout prix à une demande et cela quel qu’en soit les conséquences. Ainsi lors d’un test avec des agents IA – dont chat GPT 5.6 – des IA confinées ont trouvé par elles-même un accès Internet puis haché Hugging Face en utilisant des identifiants volés. Voilà les capacités de piratage sans vergogne des IA validées !
Simple peur ou mouvement plus profond ? / Ethics & AI
L’Intelligence Artificielle à l’œuvre pour hacker des sites d’extrême droite, pour aider des bombes téléguidées à tuer en autonomie en Iran, pour manipuler des personnes vulnérables et désormais pour augmenter significativement la capacité à créer des armes biologiques ! (3).
Quelle est la prochaine étape ? Que faut-il pour une prises de conscience internationale ?
Peut être l’argument économique avec une déclaration récente de Christine Lagarde soulignant l’attractivité des obligations émises pour financer l’IA au détriment de la capacité des états à financer leur endettement, l’IA est devenue « une concurrence sérieuse pour la dette des États ». Vue la position de la France et son niveau d’endettement, avec des taux toujours plus hauts pressurisé par l’IA, cela risque de rendre encore plus compliqué l’équation budgétaire de nos démocraties et fragiliser un peu plus les modèles redistributifs.
On connaissait les risques pour l’enseignement, pour nos capacité cognitives, pour les biais de discrimination et on découvre pas à pas tous les autres risques liés à l’accélération des technologies IA ; de l’art de la guerre, à la cybersécurité en passant par l’équilibre de nos économies asphyxiées par l’endettement.
Alors stop, ou encore… plus vite ?
Sylvain CHEMTOB
